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Tristan Mat

je voulais pour toi

je voulais pour toi

beaucoup de lignes blanches

respirer le bord du ciel

le sable caressé – nous

accueillis par l’attente

#872

tu es sur ma main
gauche comme notre étreinte

parfum ta pluie
jusqu’à l’eau qui efface

absence pleine : désir

#863

il est un temps hors des rives
celui de la faille et celui du plateau
surplombant dans le ciel d’hiver net
celui où tu es deux sans miroir
celui où tu surviens à la musique
celui de la nuit posée hors forme
que l’on ne quitte qu’en distraction
celui où tu sombres en joie
celui de la fin aux arêtes vives
celui où le passé est à nouveau
réel comme la flamme sur la peau
celui de la pluie qui immobile est
celui du rêve qui reste au jour
il est un temps encore passé

#845

du temps il y en aura toujours trop
espace gris refroidis d’automne
écrire est frissonner au matin
les romans parfaits vastes posés
des pas des portes pas l’autre le voisin
roucoulement moteur au ralenti
il y a des mots pour chaque cri
même pour la chute la fin

#830

ne rien attendre – attendre

pulsion de l’être

c’est, l’après-midi

certitude sans objet

le réel est et n’importe

immobilité chacune seule

cris courant d’enfants

hors fin

#804

est-ce à dire
quand elles ont débarrassées
que les tables du bar sont vides
que le vide est sur elles
que ce vide est le même
qui est est entre les feuilles
qui s’agitent dehors à l’été
que le vide en moi soudain
quand une femme demande
que penses-tu maintenant
que le vide ourlé de lumière
qui sur les choses est extase
que le vide entre les mots
qui fait sens ou perte
que le vide de la tasse bue
qui est reposée sur la table

#737

longue amande

lame presque

entre tes cuisses

donne à voir

le damier vide

tu seras Y

pour moi

Saison de l’être

L’été est un instant
L’automne l’éponge
L’hiver une plaine
Le printemps le souffle

#653

l’infini presque de la pluie sur le toit
une lumière humblement rabattue sur la table
l’enfant est roi dans le silence et le sourire
fils lointain regardé jusqu’à la feuille blanche

#618

entre nous et le rien
indifférent l’air

nous sommes frôlés
encore frôlerons

réalité un rêve
décevant – plénitude

dans le couloir vers moi
tu me dépasses

je te regarde – châle
Frileuse, ton âge: le mien

parallèles les univers
dansent aux vitres