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Tristan Mat

#845

du temps il y en aura toujours trop
espace gris refroidis d’automne
écrire est frissonner au matin
les romans parfaits vastes posés
des pas des portes pas l’autre le voisin
roucoulement moteur au ralenti
il y a des mots pour chaque cri
même pour la chute la fin

#830

ne rien attendre – attendre

pulsion de l’être

c’est, l’après-midi

certitude sans objet

le réel est et n’importe

immobilité chacune seule

cris courant d’enfants

hors fin

#804

est-ce à dire
quand elles ont débarrassées
que les tables du bar sont vides
que le vide est sur elles
que ce vide est le même
qui est est entre les feuilles
qui s’agitent dehors à l’été
que le vide en moi soudain
quand une femme demande
que penses-tu maintenant
que le vide ourlé de lumière
qui sur les choses est extase
que le vide entre les mots
qui fait sens ou perte
que le vide de la tasse bue
qui est reposée sur la table

#737

longue amande

lame presque

entre tes cuisses

donne à voir

le damier vide

tu seras Y

pour moi

Saison de l’être

L’été est un instant
L’automne l’éponge
L’hiver une plaine
Le printemps le souffle

#653

l’infini presque de la pluie sur le toit
une lumière humblement rabattue sur la table
l’enfant est roi dans le silence et le sourire
fils lointain regardé jusqu’à la feuille blanche

#618

entre nous et le rien
indifférent l’air

nous sommes frôlés
encore frôlerons

réalité un rêve
décevant – plénitude

dans le couloir vers moi
tu me dépasses

je te regarde – châle
Frileuse, ton âge: le mien

parallèles les univers
dansent aux vitres

#615

onze choses items vers à conserver
gouttes d’écume seront taches grises
d’autres jours semblables à défaut
d’être identiques absolument
les pétards puis le silence
imposant à nouveau seul
sel sur la route non sur les lèvres
en bas de page des lignes encore

#579

à peine des points les poils sur son aisselle offerte
elle rallume souvent une cigarette fine
ses jambes sont croisées et sur la chaise
des bagues des tatouages des lunettes à forte monture
il est dix heures et la terrasse sera bûcher
elle écrit ou dessine et je la regarde en écrivant
elle est vêtue de noir nul ne le lit le sable

#569

c’est la fin encore et je resterai
même après avoir oublié les noms
seul différent jusqu’à
être aussi sable et eau