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Tristan Mat

#1044

que rien
n’ait changé

tout était sera

tu es paroi

#1042

le mot fleuve longe la nuit
chambre sur la hanche de la colline
sans vent ni parole bue
l’enfant a dit ma bouche pense
un autre jour (vers) la prériphérie
affranchi encore de lignées
ailleurs l’eau là toujours
le rêve galet boue sa rive

#1036

verge d’eau impassible de la fontaine
balancement de branches au souffle
voix en arrière des balcons au lointain
chats régnants aux venelles vides
un matin tout matin est printemps
est-ce que la joie a besoin de nous

#1030

instant – toi aussi tu es aube

tu es place – au vide tout tombe

froissé abandon – tu es mon dépit

ta cache – féroce l’enfance sourire

#1023

elle lisait sur un banc de pierre
sur la place pavée du rendez-vous
exposé ensuite plus jamais ouvert
si tu rencontres le boudha tue-le

#1005

un poème de queue
s’écrit en attendant
dans la tête avançant
à petits pas espacés
d’immobilité exaspérée
j’en dirais plus mais
c’est mon tour

passage à la limite

bras sur draps sous draps
pas de place même pour l’épée
de nos peaux un Y

#998

sur le parking du bord de nuit
qui a laissé ses phares allumés
pour que la pluie soit vue

#990

écris ce que tu as déjà écrit
une fourmi sur ton journal
combien mortes sous le doigt
est-ce la même encore encore

#976

midi dans la lumière du musée
l’enfant se penche sur le sarcophage
passe la main dans le vide
plus tard des bacs à fleurs
il dit pour les petits morts
lui-même trop grand déjà
joie trop vive pour être saisie