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Tristan Mat

#653

l’infini presque de la pluie sur le toit
une lumière humblement rabattue sur la table
l’enfant est roi dans le silence et le sourire
fils lointain regardé jusqu’à la feuille blanche

#618

entre nous et le rien
indifférent l’air

nous sommes frôlés
encore frôlerons

réalité un rêve
décevant – plénitude

dans le couloir vers moi
tu me dépasses

je te regarde – châle
Frileuse, ton âge: le mien

parallèles les univers
dansent aux vitres

#615

onze choses items vers à conserver
gouttes d’écume seront taches grises
d’autres jours semblables à défaut
d’être identiques absolument
les pétards puis le silence
imposant à nouveau seul
sel sur la route non sur les lèvres
en bas de page des lignes encore

#579

à peine des points les poils sur son aisselle offerte
elle rallume souvent une cigarette fine
ses jambes sont croisées et sur la chaise
des bagues des tatouages des lunettes à forte monture
il est dix heures et la terrasse sera bûcher
elle écrit ou dessine et je la regarde en écrivant
elle est vêtue de noir nul ne le lit le sable

#569

c’est la fin encore et je resterai
même après avoir oublié les noms
seul différent jusqu’à
être aussi sable et eau

#565

des filles de la sapience
en robes noires longues
sur les désertes esplanades
nous ne sauront pas les larmes

elles ne troubleront ni l’onde
ni la tourbe du rêve
dans le retour du souvenir
seront moins que le vent

pourtant à jamais l’oubli
des jours répétés à l’envi

#549

dans l’épicerie devenue galerie d’art
les élèves attendent le maître elle arrive
témoin d’un accident de la route elle raconte
elle est poète journaliste éditrice libraire
elle a une fille elle aime les animaux
elle compare la littérature et le journalisme
quatre séances l’idée les personnages la trame
j’oublie le dialogue je regarde les filles
jeunes qui prennent des notes avec application
pupilles dilatées ongles peints crayon à la bouche
je griffonne sur ma feuille une courbe
entrelacée à elle-même un cadre vide
je lis les bandeaux publicitaires cosberg
solutions pour l’automation industrielle
quatre cent euros pour le tout

#546

Lis – sans égard pour l’ombre

Lis – enveloppe du temps

Lis – au fleuve

Lis – seul en absolu – frère

Lis – poussière aux noms

#503

ton nom dans la pluie
ta main dans le rêve
ton râle dans l’oubli
ton ombre dans l’amour

#461

tout est ordre dans l’espace sans poussière
les consignes d’évacuation en tableaux
le vent se voit au delà des vitres
l’art offert est silencieux sans regard
samedi parking vide le réfrigérateur
vibre – une mouche sur ma feuille