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Tristan Mat

#1363

le mot amour pèse
posé le poème bascule
carcasse de vent

#1360

je suis assis sur le marbre
l’herbe croissant entre les dalles
louez la puissance est-il écrit
sur le camion groupe électrogène

#1355

lente noyade d’un grain de riz
parmi foule dans le bol
tête penchée dans la fumée légère
comme à sombrer dans le réel 

#1345

le dos posé sur le capitole
nuit au surplomb du ciel
dans la foule en notes
tu as été mon été heureux

#1335

la nuit sans non
– pâle-

j’étais près à nouveau de toi
un voici doux
silence sans mots tus enfin

c’était l’instant

#1333

que l’eau soit neige
que la table soit vide
que l’adieu soit lumière
que le pain soit simple
que l’animal soit silence
que l’étreinte soit vaine
que l’enfant soit oubli
que le regret soit sel
que la musique soit ici
que la pluie soit joie
que le livre soit sans mitan
que le mort soit nu
que dieu soit un mot
que tu sois encore sonnet

#1321

car c’est sans mort
cet enfin suspendu
terrasse sans angle
bleus et gris au fondu

#1317

il est le seul à lire
le mot BEAU écrit sur le poids lourd
juste au-dessous du ciel

(pour la chamane bassiste)

#1314

jardin depuis l’antiquité
un mont de cerises
recouvrant une table:
(premiers jours où
nous goûtions à nos sexes)
c’était une oeuvre

#1308

la nuit ne vient
pas virgule enjambement
je ne franchis
point l’immobilité