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Tristan Mat

#565

des filles de la sapience
en robes noires longues
sur les désertes esplanades
nous ne sauront pas les larmes

elles ne troubleront ni l’onde
ni la tourbe du rêve
dans le retour du souvenir
seront moins que le vent

pourtant à jamais l’oubli
des jours répétés à l’envi

#549

dans l’épicerie devenue galerie d’art
les élèves attendent le maître elle arrive
témoin d’un accident de la route elle raconte
elle est poète journaliste éditrice libraire
elle a une fille elle aime les animaux
elle compare la littérature et le journalisme
quatre séances l’idée les personnages la trame
j’oublie le dialogue je regarde les filles
jeunes qui prennent des notes avec application
pupilles dilatées ongles peints crayon à la bouche
je griffonne sur ma feuille une courbe
entrelacée à elle-même un cadre vide
je lis les bandeaux publicitaires cosberg
solutions pour l’automation industrielle
quatre cent euros pour le tout

#546

Lis – sans égard pour l’ombre

Lis – enveloppe du temps

Lis – au fleuve

Lis – seul en absolu – frère

Lis – poussière aux noms

#503

ton nom dans la pluie
ta main dans le rêve
ton râle dans l’oubli
ton ombre dans l’amour

#461

tout est ordre dans l’espace sans poussière
les consignes d’évacuation en tableaux
le vent se voit au delà des vitres
l’art offert est silencieux sans regard
samedi parking vide le réfrigérateur
vibre – une mouche sur ma feuille

#457

le gruyère vrai en son nom
est sans trou lisse gras
je le goûte sans en être récipiendaire
cadeau à ma femme de sa maîtresse
entrant dans une carte postale
nulle bulle pour le réel

2017

tomber vers
un chiffre ou
l’autre c’est
tomber hors
du présent
encore

#419

rome délavée sur ses murs
l’abandon sans ruines
luxure la pluie
traversé en large le tibre
le gazomètre ouvre l’horizon

publié initialement sur le tempestaire

#320

La vérité est en place
écrit-elle recopiant le mur
– où est le monde entend-on
du silence

#315

qui dit que ce n’est pas bon
les rêves qui tombent
la boue qui craque gelée

qui dit que ce n’est pas le juste
regarder toutes les couleurs
même celle du bâton qui montre

qui dit que ce n’est cela
les mains vides
d’étrangères s’élever