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Tristan Mat

#1113

L’arbre mot est sans feuille.
Sec et noir dans la luxure.
Il tient l’air figé.
Son rêve est la pierre quand c’est le vent qui danse en lui.
Hors sève.
Il n’a pas de prise sur ses semblables ni sur les êtres aimés.
Il fait croire au pouvoir de monter.

#1106

demeure lampe
donne le mur
au regard bas
de qui ne dort

#1101

au soir tu es encore
– guère plus qu’une fatigue
une répétition ralentie

tant est déjà à la nuit
retiré en silence creux
les histoires tombées

rien n’enveloppe
– au-delà sont les ombres
le sel est perdu

#1096

quel tibre étrange ce soir
nul pour accueillir son
offrande lente de boues
rives et ponts au vide
la clôture faite foule
le temps s’est assis
les nombres sont des morts

la colère comme voie

sans fond le cercle
vouloir tomber toujours
écraser encore le point

être au passif
fixe à la presse du soleil
nulle paroi panse

la couleur est accroc
le temps mors
amère l’eau répétée

#1088

tu écris la mauvaise poésie dit-elle
mais pas de la poésie de style dit-il
ton petit bonhomme de merde dit-elle,
pas à moi mort à personne dit-il
ces mots répétés permutés fatigue dit-elle.
les miens jamais dans ma bouche dit-il
ce papier ce temps cette perte dit-elle
préfères-tu ces mots crachés sur toi nue dit-il
foutre tu ne sais que dire dit-elle

#1085

c’est le sable quand je voudrais le miel
être aveugle à ta fourche
le murmure pour écrin

sable d’acier de nuit
tu te tournes tu t’es tournée
le miroir est dos
nul n’a regard

la neige est temps lointain
presque bleu

au cou

#1082

c’est l’image maintenant posée
échappée encore aux phrases
gris jusqu’à la plate mer
je dis île je pense elle

qui

ciel arrête maquis foc
rien de lieu ni de l’œil
ami tu es oubli perdu
est-ce que j’ai existé là

#1079

tu n’es pas le vent
je ne sais que ta main
et dans le congé vif
tu n’est pas la plaine

#1044

que rien
n’ait changé

tout était sera

tu es paroi