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Tristan Mat

#457

le gruyère vrai en son nom
est sans trou lisse gras
je le goûte sans en être récipiendaire
cadeau à ma femme de sa maîtresse
entrant dans une carte postale
nulle bulle pour le réel

2017

tomber vers
un chiffre ou
l’autre c’est
tomber hors
du présent
encore

#419

rome délavée sur ses murs
l’abandon sans ruines
luxure la pluie
traversé en large le tibre
le gazomètre ouvre l’horizon

publié initialement sur le tempestaire

#320

La vérité est en place
écrit-elle recopiant le mur
– où est le monde entend-on
du silence

#315

qui dit que ce n’est pas bon
les rêves qui tombent
la boue qui craque gelée

qui dit que ce n’est pas le juste
regarder toutes les couleurs
même celle du bâton qui montre

qui dit que ce n’est cela
les mains vides
d’étrangères s’élever

A l’os

J’ai tout dit
Quand j’ai dit
Qu’il n’y a rien à dire

J’ai tout dit
Pour aujourd’hui
Le jour tombe

J’ai tout dit
En me taisant
En toussant

*

tout dit
disant
rien à dire

tout dit
aujourd’hui
tombe le jour

tout dit
me taisant
toussant

*

tout dit
disant
rien à dire
tombe le jour
me taisant
toussant

#176

le mot croupe à minuit
une chaise sur la montagne
le désir en bibliothèques
la forêt dans le dos

#162

une cloche invisible dans l’été
régulière dans l’après-midi
appelle nul fidèle à nul office
nul ne l’écoute que
celui qui en fait un poème

#126

ouvrir les yeux vers la nuit

ouvrir les yeux dans la nuit

ouvrir les yeux sur la nuit

ouvrir les yeux sans la nuit

ouvrir les yeux sous la nuit

ouvrir les yeux hors la nuit

ouvrir les yeux pour la nuit

ouvrir

         les

                   yeux

               la

                            nuit

#122

cinq poubelles différentes
les enfants de trois ans demandent
ceci où est le rouge c’est un papier
sur le frigo le calendrier des enlèvements
sous l’évier les différents sacs en rouleaux
transparents et colorés et ma vie
une seule par-dessus le balcon