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Tristan Mat

#951

on
voudrait chansons
sans mots

trois ou quatre
trébuchant de l’amitié
répétant

des pas qui
ne portent pas
hors de la chambre

garder
matin et hiver

#953

attente le vieil homme pue
preuve du réel derrière moi
immobiles presque chacun sa cage
queue selon la langue française
il vient payer son eau
je suis là pour mes tributs
il pourrait être le père
je pourrais être le mort

#937

aller ce serait le mot enfin
gravier silencieux au pas lent
l’hiver du ciel pur l’italie
tour pesé rien ne pèse plus
les regrets sont des rêves

encore

un pas

retrouver

flaques et mousses
tableaux de bitume
une cloche grêle

et un pas

#932

pendant que j’écris
de l’autre côté de la vitre
un homme prend ma poubelle
la vide et la repose
voià le poème

#989

comme ils sont enfants ils dorment

main tenue comme

souffle compagnie jusqu’au seuil 

je les regarde la lumière est encore là 

pour moi le mur nuit est son envers

#987


tu as beau regarder la lampe


(la nuit veille sur les fils)


tu es dans une erreur de silence

#900

l’univers est fait de cordes
elles se balancent à la porte du bar
en l’absence de tout vent
les nouvelles sont sur la feuille
elles n’ébréchent pas le temps
je suis dans le paysage
(ciel sans mouette)
à côté de la tasse
vide à une goutte de café près

je voulais pour toi

je voulais pour toi

 

beaucoup de lignes blanches

 

respirer le bord du ciel

 

le sable caressé – nous

 

accueillis par l’attente

#872

tu es sur ma main
gauche comme notre étreinte

parfum ta pluie
jusqu’à l’eau qui efface

absence pleine : désir