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Tristan Mat

Exercices d’illumination #1

On s’offre au petit matin comme on s’offre à la nuit profonde, sur l’autre face de la fatigue. On est au milieu des heures à venir qui ne composent pas une plaine, ni un ciel, mais une placette, avec des arbres et une fontaine. On est seul et on goûte la mesure. On espère l’arrivée d’oiseaux. On continue son chemin dans une des ruelles adjacentes. Le commerce est absent. Les rares silhouettes deviennent des personnages. A force de tourner dans le bref quartier, on revient sur ses pas, ses pensées. Elles sont reprises et poursuivies. Un souffle d’air chaud porte le printemps et toutes choses sont vaines. Les souvenirs de ce qui jamais ne fut sont près d’apparaître: il faut marcher encore.
Là-bas, où la ruelle se perd dans la ville, une femme s’éloigne, et sa chevelure libérée.