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Tristan Mat

La peur : un cube.

La peur : un cube. Ce qui est. Ce qui a été. Ce qui sera. Ce qui n’aura pas été. Ce qui n’est pas. Ce qui ne sera pas. Ce qui n’a pas été. Ce qui aurait pu être. Avant de la toucher, je sens son poids, l’odeur chaude. L’eau est transparente, bleutée, sans poisson, sans algues, sans mouvement, la surface étale, tendue, un miroir, une lame, et l’absence de sans fond. La peur de se pencher en arrière, les dents qui s’en vont, les mains qui s’approchent, les invitations à dormir, les cuisses qui s’écartent, entourent, se referment. La peur de revenir dans les langues, de se laisser aux phrases simples, de s’approcher, de consoler. La peur de venir. La grande peur du rêve et tu n’as pas peur quand tu devrais. A l’aube d’hiver tu es descendu dans la cave, et quand tu remontes, tu devrais être sur le chemin de l’école, il est tard, sans savoir comment le temps est passé.