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Tristan Mat

#471

inutile
tu es

rien à partir

La huppe

La notion d´un rouge qui serait bleu, d´un dehors qui serait un dedans, d´un tout cela qui serait un corps que des mains , d´une nature inconnue, cloueraient suant à des coussins de ténèbre, passa gracieusement, huppe dans l´air frais, et vint se percher sur une pierre.

Yves Bonnefoy

#461

tout est ordre dans l’espace sans poussière
les consignes d’évacuation en tableaux
le vent se voit au delà des vitres
l’art offert est silencieux sans regard
samedi parking vide le réfrigérateur
vibre – une mouche sur ma feuille

#457

le gruyère vrai en son nom
est sans trou lisse gras
je le goûte sans en être récipiendaire
cadeau à ma femme de sa maîtresse
entrant dans une carte postale
nulle bulle pour le réel

#452

la pluie vapeur
s’élevant
homme immobile

#444

neige ou lave

nos baisers

sans rencontre

Musique de l’ennui

Elle est parfaitement élevée, dressée, droite et assise, de profil, les cheveux lisses, nouées en une queue de cheval verticale, immobile, aux notes arpégées dévalant le clavier elle se lève d’un coup, se bloquant peu avant de rejoindre la station verticale et son bras enjambe la partition pour atteindre l’angle de la page double opposée et au dernier moment la tourne en l’amenant vers elle en même temps qu’elle se rassoit, puis bientôt se relève à nouveau et le mouvement oscillatoire, régulier, silencieux efface peu à peu les nappes, les volutes, les déroulements.

05/01/2017

Série : Vrac

home

sur un roman anglais

à venise à amsterdam  à l’hôtel

dans la dépression

serrant le poing au fond de la poche

dans bach et dans le blues

à l’orée de la forêt

au moment d’embrasser le sommeil

dévorant

glissé dans la peinture flamande

lorsque commence le voyage

dans le sexe de ma femme

05/01/2017

Série : Onzains

Minutes de la multitude #11

Il y a du vert au dessus de ses yeux et elle parle seule dans la lumière douce du matin de l’automne.

Appuyé sur la paroi, le dos se détache, revient se poser, la tête et un bras se soulève, se déplie et vient empoigner la porte et la tire d’un coup violent.

Un jour tu monteras dans le train pour la dernière fois, sans le savoir. Rien ne restera de toutes les bulles de temps. Aucun souvenir, ni en toi, ni chez les autres, ni dans le train. Pas même un fantôme.

2017

tomber vers
un chiffre ou
l’autre c’est
tomber hors
du présent
encore