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Tristan Mat

(nulle fenêtre)

l’orange tombe et roule
sur le carrelage disparaît
sous le rayon frigorifique
liberté je suis seul à la voir

#1398

je laisse la tasse de thé sur la chaise
j’éteins la lumière derrière moi
j’avance vers la fenêtre ouverte

#1395

au lieu de la ligne pense
le monde comme mousse pré
écume d’un rêve
dont tu es à venir

Minutes de la multitude #28

Soudain lisant, une sonnerie : celle du métro parisien. Trouble, vacillement. Je lève les yeux, pas d’accroc au réel.

Pourquoi pour une fois ne pas attendre après, une fois descendu du train, une arrivé en haut de l’escalier, un peu avant le hall, près des seaux alignés pour recueillir l’eau qui traverse le toit?

Le toit du train, comme son propre dos découvert, depuis le pont, presque immobile: couleur sombre aux abords du noir. Morale: il n’y a rien à voir.

#1385

minuscule orange du bec sur le noir
du merle minuscule sur le vert
du gazon minuscule sur le temps

Minutes de la multitude #27

Tu es paysage pour qui regarde passer le train

Par les couleurs, La plaine d’ordures est mosaïque un instant à l’œil, entre deux murs ternes de terre.

Ces quais légèrement différents les uns des autres, où tu ne descendras pas, ce. Est-ce que tu serais légèrement différent toi aussi?

#1380

entre nous l’océan

nous sommes l’océan

Minutes de la multitude #26

Il n’y a plus de visages, les yeux sont baissés. Le paysage et le train font leur office.

Les vitres sales jusqu’au cœur, être ébloui, ce serait comme si survenait le mot oui.

Souvenirs d’imminences : la note unique régulière puis le silence, gouffre.

#1369

La figure est seule sur la carte. Un cadre en sus. Elle ne connaîtra son envers que par celui de ses semblables sans savoir s’il est semblable au sien. Elle suggère, invite, dicte, dévie, commande et elle ne saura rien du jeu mouvant, du ballet de la lumière: elle siège dans l’immobilité, un nombre – hors épaisseur.  

28/03/2021

Série : Reste

#1363

le mot amour pèse
posé le poème bascule
carcasse de vent