
une ligne presque
(le ciel pour palindrome
être en bordure être
ce tapis rêche d’enfance)
presque une ligne

Long le temps, fuyant, s’effilant, en pointe. Et la terre ne bouge pas. Elle boit, elle avale sans dire. Sa ligne est à peine troublée. Elle danse, ondulant, effleurant, tout autour du silence en poing. Inutiles, les montagnes ou même une mer. Large, lente cette mémoire : c’est ici d’où l’on vient : le gris sans cesse variant et la fin en rêve caressant.

Perle, toujours je te cherche, à la nuit, pointe de la nuit. Il faut des vagues pour te trouver, aimer les vagues, savoir se perdre en vagues loin de tout rivage, instaurer un secret, oublier la pyramide. Il n’y a pas une chambre, il y a cette chambre. Je me dédie aux plis sombres. L’ombre et l’autel du cri, unique, hors des mots, aspirant l’air, tournant. Je récuse le nom de désert, de ciel.

Te voir enfin, miroir : tranche épaisse et sombre, eau lourde qui avale sans mouvement.
Le matin dirait : tu dors. Rêve et mémoire, en reflets doubles : brasier doux. Tu as su l’été à jamais.
Tu ne sais pas quelle est l’heure. Matin ou nuit : les cartes battues avant la donne. Ciel, fleuve, pré, horizon seraient les couleurs, mais la lumière vient d’une sente unique. Se donner aux feintes : paysage, dessin, image. Oui, il y aurait une traversée, une histoire, mais elle passe vite : L’œil qui se verrait voyant.
son double posé sur de la nuit
une arche pour le temple
tes lèvres posées sur de la pierre
elle en est restée douce
ddd
l’instant avant l’instant même
une toison ruisselle vers
la souveraine torsion
l’autre invisible comme l’eau
dddd

jusque dans la douceur de la myopie
la lame de la forme traverse le réel
les joueurs se sont levés loin dans le temps
l’enfant est le grain de sable de dieu rire

Ce qu’est l’hiver est déjà loin, passé vaste. Tu vis les heures comme dans un train, fuyant les morsures. Tu n’as que le nombre toi : ce pourrait être le diable mais tu as choisi la plaine. Un galet leste la poche et empêche d’être happé par le ciel. Oui, tu auras cette patience minutieuse, trait après trait.
Tu pourrais être ligne, fleur, sœur au soleil de la mer. Tu es dedans, loin de la couleur. Ce n’est pas l’éventail mais la meurtrière. Ce qui ne manque pas ce sont les minutes : elles sont lourdes, elles lestent, elles sont sans fatigue. Toi seule pour dire leur forme. Tu te tends, tu t’avances, tu te déploies en trompant l’immobilité. Il n’y a point d’ornement : seul ton cœur.
la galet était roc
aux humeurs de l’eau
sera sable poussière
l’éclair nous regarde
nous ligne






