Le flanc de la montagne fait la vallée. L’été ne brûle pas. La longue baraque de bois est sans fenêtre. Elle est entourée d’herbes qui se balancent. Je n’y suis pas entrée. Elle est noire sans exception. C’est la scierie. Tes habits sont noirs, mais ce n’est pas à toi dit la tante. Nous nous occupons de toi. Et son sourire ne cesse de s’élargir. Le chardon, je le regarde. Un bleu violet en aiguilles. Sur le chemin étroit, blanc beige, j’entends répéter : c’est l’orpheline. Pas de visage pour le dire, le répéter à intervalle. Les chiffres sont à l’aguet. Je ne veux pas compter. Le prix de ce que je coûte et qui est écrit. La guerre est ailleurs, immense. Je tends la main. L’herbe est maintenant plus haute que moi. J’arrive cachée devant la fenêtre. Se sauver en sautant. Le chien est là, je ne le vois pas. Il me fait courir et il est immobile.