Auteur/autrice : admin

#2237

#2233

paroles bord c’est nuit
j’écoute pour perdre
l’été qui tombe
mort bel enlacé
l’autre rive m’est silence

dual #25

Photographie de Maud Bernière

Avec toi, j’aimais la géométrie. Soient : l’amour, la géométrie, toi, moi. En guise de table de poker, la lumière. C’est le temps qui donnait les cartes, la couleur absente comme des rêves. Il y avait une ville, dehors, mais seulement la chambre pour nous.
On retombe : le présent, sans feuille, sans mousse. Les visages sont des arcanes. Il n’y a que des lignes à jouer, se sachant perdus.

Samedi fasciste #11

les courbes sont sur tes images, les images sombres qui reviennent au jour, les images qui ne restent qu’en moi, les courbes de la lettre c et des ses mots, les images sans visage de toi, pensée nue sur le marbre sale

et le tournoi des nuages

friches plaques palissades
ciel hors de tout
(accumulation sans point d’âme)
là est scruté affleurant
le mot toujours

#2229

près du nom de rousseau couverture
ton genou dans le bleu clair du jean
loin je brûle de ce que j’ai vu
cœur c’est l’hiver le scintillement
prouve le plan de l’eau
la profondeur est ignorée  

Minutes de la multitude #44

Convoi d’immobilités. Les arrêts prolongés, répétés. Les voitures serrées avançant au pas sur la route parallèle. Les passagers figés dans le sommeil ou le regard à l’écran.

Le familier vire a l’étrange. Les choses vibrent et vacillent. Les couleurs sont rehaussées de jaune, acculées à la lumière. Mais c’est moi qui suis sur le point de m’effondrer.

Tu descends au terminus. Les rails finissent. La gare est à flanc de colline. Tu es vomi sur le bord de la ville.

Samedi fasciste #10

Tu crois que la lutte est dans le nombre : prisonnier de la forme.

Minutes de la multitude #43

Un visage : l’aigreur. Un autre : la stupidité. Ton regard à adoucir et aiguiser.

Buée aux vitres. Un dehors réduit et éloigné. Rester tapi sur le siège somnolent. Passer sans mouvement.

Tu crois bouger. Tu crois bouger. Tu répètes la phrase sans t’en rendre compte. Tu crois écrire.

dual #24

Photographie de Paolo Pittori

Rien ne s’accorde au rectangle. Seul, il restera ignoré par toutes les familles de courbes. La chambre est sans fond, sans couleur. Tout est centre pour l’attente et le regard. Il n’y aura pas d’étreinte tant que le temps sera là. Grain de la lumière et de la peau : nul horizon. Le doigt enjoint les lèvres de se serrer. Où serait la voix ?