#1540

une forme
s’y asseoir

de la cage d’air
aller sans bouger

vers une mer
et aux murs

pas de miroir
cela se dit toi

sortir en
fin du passé

#1532

chiens mes frères

épars à la nuit

hurlez comme si

– l’autre –

pour moi aussi

#1524

nous irons regarder les amours
sœur tomber belle lenteur
ce sera un parc une fenêtre
hiver paradis d’une main

#1517

les nombres ne content pas
ils signent entailles au temps
l’aphorisme est au faîte
lame ignare de la boue

après l’artifice sur la nuit
la pluie dans le gris
commencer ardent l’organe
fonction sur table

paysage le froid mot
maintenant trop long
un table la rue scène
en pente l’eau des oui

qui toi dans ton nom
je dédie cet an en avant
répétition la rive
scellée d’un pari

#1513

assise sur une marche
pieds sur le passé diagonal
sur quels mots quel basalte
cette cigarette te récuse

#1509

tu n’as qu’un frère tant de miroirs
lit asséché le sentier heureux de fuite
les murs règnent rien n’est grand
tu seras ne seras pas resteras au rêve

#1504

d’elle rayer le nom sur la liste
des vœux ce matin même
avoir mis la main sur un t-shirt
offert un jour sans raison
où elle m’avait vu triste
sur moi avant de sortir
dans l’hiver ensoleillé vide
col consumé noir affaibli
une phrase sur le troc des âmes

#1500

ma fille assiste mon silence
ce comme doux et coupant
saison d’une flaque
ton regard me dépasse
silence tien mien lande
déjà tout horizon avent

#1495

c’est la danse à faire lumière
désir un seul trait pour
deux mots cou épaule
la nuque a nom secret
luxe de dire chevelure
oui être poussière oui

(pour Chiara Zocchi)

#1492

On a si souvent rêvé la rondeur. Elle caresse le regard et le velours de l’herbe verte sollicite la main. On ne découvre pas une colline, on la retrouve. Elle ramène à une douceur jamais vécue et familière. La terre entre dans le ciel, sans heurts et il n’est plus l’infini effrayant. On entre dans le paysage et on sait qu’on est encore hors de lui.