Lis – sans égard pour l’ombre
Lis – enveloppe du temps
Lis – au fleuve
Lis – seul en absolu – frère
Lis – poussière aux noms
Écritures
Lis – sans égard pour l’ombre
Lis – enveloppe du temps
Lis – au fleuve
Lis – seul en absolu – frère
Lis – poussière aux noms
ton nom dans la pluie
ta main dans le rêve
ton râle dans l’oubli
ton ombre dans l’amour
tomber vers
un chiffre ou
l’autre c’est
tomber hors
du présent
encore
La vérité est en place
écrit-elle recopiant le mur
– où est le monde entend-on
du silence
J’ai tout dit
Quand j’ai dit
Qu’il n’y a rien à dire
J’ai tout dit
Pour aujourd’hui
Le jour tombe
J’ai tout dit
En me taisant
En toussant
*
tout dit
disant
rien à dire
tout dit
aujourd’hui
tombe le jour
tout dit
me taisant
toussant
*
tout dit
disant
rien à dire
tombe le jour
me taisant
toussant
une cloche invisible dans l’été
régulière dans l’après-midi
appelle nul fidèle à nul office
nul ne l’écoute que
celui qui en fait un poème
ouvrir les yeux vers la nuit
ouvrir les yeux dans la nuit
ouvrir les yeux sur la nuit
ouvrir les yeux sans la nuit
ouvrir les yeux sous la nuit
ouvrir les yeux hors la nuit
ouvrir les yeux pour la nuit
ouvrir
les
yeux
la
nuit
deux verres sur la table
et d’eau l’un vide
ma tête penchée faisant ombre
sur la carnet posé sur la toile cirée
fond violet macarons volant
le silence bourdonnant autour
des oreilles couchée
lisant un roman jaune
les enfants endormis grinçants
des dents dix heures dix
l’aiguille faussée tourne
je descendrai les poubelles
dans la nuit exit
une bouche seulement
à l’instant d’éclat
avant qu’elle ne devienne visage
puis mot écrit perdu
souveraine altière rouge
close au langage
le train part dans le temps
est-ce la nuit
où j’ouvre les yeux
est-ce la même nuit
chaque nuit qui revient
est-ce la seule nuit
qui repousse chaque
jour poussiéreux
est-ce ma nuit