pour Brin et E
laissons une lampe à la nuit
apaisant l’orange aux doigts
lampe ne disant pas le tort
pour instaurer la chambre
Écritures
pour Brin et E
laissons une lampe à la nuit
apaisant l’orange aux doigts
lampe ne disant pas le tort
pour instaurer la chambre
passe ce n’est pas le temps qui passe
c’est toi qui est frôlé qui est passé
passe mais à qui ce qui est encerclé
c’est toi passé à l’ombre dans le midi
passe encore repasse jusqu’à t’effacer
c’est toi ton souffle nom évaporé
passe poussière c’est toi l’éternité
désir : carré et craie
tu déplaces ce mot
depuis la nuit profonde
tu regrettes le soir
théâtre du plaisir orné
tes seins doux dans l’après-midi
puis nuit puisqu’élégie
variations du silence au cri
j’ai cherché des perles de métal
(ensuite) sur les draps en pli
l’espace entre
je suis une gorgée
jaune le puits de la cour perce
le ciel vide d’arbres
invisible fleuve des oiseaux
je me suis assis devant la nuit
l’enfant jouait avec le feu
l’âge était paisible en fin
le poème m’a effleuré heureux
tu es déjà de l’autre côté
sans qu’il y ait mur ou miroir
règne l’air les mots ne posent plus
silencieux les tiroirs glissent
ils sont vides à peu d’air près
chaque saison reste une pierre parfaite
pur artifice t’appeler t’adresser
rien que cet instant où tu n’es
une chanson comme une passe
heureux mots de ne rien dire
au plus près de l’amour l’absent
le maître mort l’été est là
nuit : une femme dans la fenêtre
elle est une ligne dans la lumière
regarder sans voir le regard
cœur : ce qui pèse à chaque marche