Catégorie : Inégales

#619

pour Brin et E

laissons une lampe à la nuit
apaisant l’orange aux doigts
lampe ne disant pas le tort
pour instaurer la chambre

#615

passe ce n’est pas le temps qui passe
c’est toi qui est frôlé qui est passé
passe mais à qui ce qui est encerclé
c’est toi passé à l’ombre dans le midi
passe encore repasse jusqu’à t’effacer
c’est toi ton souffle nom évaporé
passe poussière c’est toi l’éternité

il n’y pas de rêve

désir : carré et craie
tu déplaces ce mot
depuis la nuit profonde
tu regrettes le soir

#596

théâtre du plaisir orné
tes seins doux dans l’après-midi
puis nuit puisqu’élégie
variations du silence au cri
j’ai cherché des perles de métal
(ensuite) sur les draps en pli

#594

l’espace entre

je suis une gorgée

#576

jaune le puits de la cour perce
le ciel vide d’arbres
invisible fleuve des oiseaux

#565

je me suis assis devant la nuit
l’enfant jouait avec le feu
l’âge était paisible en fin
le poème m’a effleuré heureux

#563

tu es déjà de l’autre côté
sans qu’il y ait mur ou miroir
règne l’air les mots ne posent plus
silencieux les tiroirs glissent
ils sont vides à peu d’air près
chaque saison reste une pierre parfaite
pur artifice t’appeler t’adresser 
rien que cet instant où tu n’es 

#552

une chanson comme une passe
heureux mots de ne rien dire
au plus près de l’amour l’absent
le maître mort l’été est là

#548

nuit : une femme dans la fenêtre
elle est une ligne dans la lumière
regarder sans voir le regard
cœur : ce qui pèse à chaque marche