#740
les pierres de chaudes devenues douces
inlassables fontaine hirondelles
tout ce qui est loin sans être perdu
le soir est aussi pour toi cet ami
#738
été
l’immobile
les ombres
dansent
dual #51

Long le temps, fuyant, s’effilant, en pointe. Et la terre ne bouge pas. Elle boit, elle avale sans dire. Sa ligne est à peine troublée. Elle danse, ondulant, effleurant, tout autour du silence en poing. Inutiles, les montagnes ou même une mer. Large, lente cette mémoire : c’est ici d’où l’on vient : le gris sans cesse variant et la fin en rêve caressant.
Minutes de la multitude #62
Portes béantes, quai vide. L’hiver entre en majesté.
Tant désiré dans un lointain, son corps proche. Il suffirait de se lever, de faire deux pas, de saluer. Le train est rempli de temps.
L’homme délabré porte le parfum du Duc. Les vies passent devant l’une l’autre battues comme les autres.
#dual 50
Photographie de Linda Sorrenti
https://lapidalagallina.it/
https://www.instagram.com/lapidalagallina_0.2/
perdus et nous avons joué
en images les mots de peur
dans deux chambres les îles nues
des ombres sable sur la peau
#734
l’eau sur le pare-brise
comme une autre écriture
vive sans auteur brève
elle donne à voir le ciel
sans question ni réponse
je peux enfin attendre
dual #49

Ombre : ris en échevelée aux formes, fuis l’éternité dans chacun de tes instants, la couleur au cœur seul.



