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Tristan Mat

#1321

car c’est sans mort
cet enfin suspendu
terrasse sans angle
bleus et gris au fondu

#1317

il est le seul à lire
le mot BEAU écrit sur le poids lourd
juste au-dessous du ciel

(pour la chamane bassiste)

#1314

jardin depuis l’antiquité
un mont de cerises
recouvrant une table:
(premiers jours où
nous goûtions à nos sexes)
c’était une oeuvre

#1308

la nuit ne vient
pas virgule enjambement
je ne franchis
point l’immobilité

#1306

traversée
le pont se franchit
mais ne se traverse
deux fois rayés ces mots
le fleuve emporte
coule et reste

#1303

cheveux chevaux
merveilleux les mots mentent
passe celui qui dit je t’aime

#1300

sans chasse d’eau
j’use d’un seau pour chasser
merde et pisse vers la mer
j’ai pris le coup de main
bientôt je ferai un livre
seul au couteau

#1297

j’écrirai la terre demain encore
j’écrirai encore demain à terre
encore la terre demain enfin

Minutes de la multitude #25

Tu es dans le tunnel, non dans le train. Le tunnel rappelle seulement l’enfermement.

Regards privés de visages. Rien que l’ennui, la fatigue.

La beauté me frôle comme j’écris. Elle descend du train pour monter dans celui qui est de l’autre côté du quai.

Dual #12

Photographie de Françoise Durif

mot cygne lu
si souvent sans couleur
quand vu caché derrière
le mot la bête sur l’eau
sale sombre de douves
saupoudrées d’éponges
de mie de pain et veilles
poésies revenant en nausées
comme devant l’émail
des lavabos petits
pisse foutre spleen
à regarder les plinthes
sans pouvoir se
perdre aux corridors étroits

05/12/2020

Série : Dual