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Tristan Mat

#1433

je voudrais juste une page
respirant entre les lignes brisées
offerte à la lumière en chute
aux mouches à l’étiage du jour
qui me regarderait sans être miroir

dual #14

ce que retient
le mot drap
seule étreinte
la brume pâle

matin est gésir
point d’argent
points sombres
crois le delta

illisible jusqu’à
la lettre bleue
ailleurs l’ortie
le roman sale

Photographie de Paolo Pittori

09/05/2021

Série : Dual

#1430

pluie sur la vitre bientôt buée
une voiture passe la mienne tremble
la route est rectiligne lui est parallèle
le mur du grand cimetière c’est ici
que nous nous sommes aimés deux fois
tu étais assise à la place du mort

onzain #27

On doit écrire un poème pour son anniversaire

On doit célébrer les cendres et le vers est trop court

On doit pour un jour user de majuscules

On doit oublier de donner le couteau en offrande

On doit aller au paysage pour quelques heures

On doit se présenter à la douceur de l’être

On doit dire comme l’eau tombe des mots simples

On doit se taire être musique anonyme

On doit aimer sans chercher sans choisir

On doit être face aux dons dans la lumière

On doit méditer l’inanité du nombre

04/05/2021

Série : Onzains

onzain #26

je t’attends comme on attend un fleuve

je t’attends comme on attend le fils

je t’attends comme on attend sel sur lèvres

je t’attends comme on attend seul

je t’attends comme on attend le vent mourant

je t’attends comme on t’attend, silencieuse

je t’attends comme on attend enfin

je t’attends comme on attend d’entendre un nom

je t’attends comme on attend la nuit devancière

je t’attends comme on n’attend plus l’amour

je t’attends comme on attend un chien pissant

29/04/2021

Série : Onzains

#1420

le billet sur le marbre
une aile balancée au vent
ce printemps froid
voici mon cinq

Exercice d’illumination #25

Il y a un été. J’y entre de quelques pas, éprouvant la pierre. Il s’agit d’un retour. Je suis à nouveau : l’ébloui. La couleur tranche ; les mots sont des îles. Le ciel commence à la surface des choses. Sans autre nulle possibilité de guerre. La défaite règne.

onzain #25

tu dors cet instant rêve

tu dors à la conférence des murs

tu dors tes jambes s’ouvrent

tu dors la plaine unique est saison

tu dors une pierre sous le lit

tu dors le verre d’eau prie

tu dors longeant l’autre ailleurs

tu dors qui sourit ton sourire

tu dors le temps de plusieurs

tu dors ta pluie est silence

tu dors loin de ma phrase

19/04/2021

Série : Onzains

#1405

je dirais nous au matin
: la grammaire est jeu
enfants perdus de l’enfance

#1402

c’est un pré notre rencontre
il y est un lac sombre de cris
chacun tue se laissant tuer
joie dénombrer les fleurs