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Tristan Mat

#499

les seules hirondelles
écrivent
le soir sombrant

#496

n’être pas plus
que le vent
en été à midi

onzain #16

Espagne aux formes altières

Italie de la beauté en collines

France où le génie est moyenne

Allemagne qui sait le pire de chaque don

Portugal des merveilles spoliées d’orgueil

Chine régnant dans chaque centre

Angleterre où tout est île

Russie de l’abysse horizontal

Hollande épongeant la douceur de la lumière

Aaland au stupre en tableau de timbres

Islande vierge grise

07/05/2017

Série : Onzains

Onzain #15

Je me souviens que le gourou avait de petites mains.

Je me souviens que le gourou aimait sa demi-soeur.

Je me souviens que le gourou n’avait pas gagné sa vie en jouant au poker.

Je me souviens que le gourou avait œuvré à ne pas travailler.

Je me souviens que le gourou avait fait des découpages, rédigé des horoscopes, créé des recettes de cuisine et composé des chansons.

Je me souviens que le gourou avait vendu ses fiches de lecture.

Je me souviens que le gourou s’était rendu à Tchernobyl.

Je me souviens que le gourou se plaisait à jouer au baby foot.

Je me souviens que le gourou n’avait jamais conduit.

Je me souviens que le gourou a exhibé une lame de tarot en s’esquivant.

Je me souviens que le gourou buvait.

29/04/2017

Série : Onzains

#484

l’été est une heure
baiser sur la table
une pomme

Minutes de la multitude #13

Portes ouvertes: serrés, défilant,visages, cuisses, chevelures, mains, bustes. Les lignes des regards forment des étoiles. Empilement des images qui se recouvrent avant d’être contemplées et qui reviendront dans la grande nuit du désir.

Une torsion le parcourt des pieds à la mâchoire, puis jusqu’aux bras, et le regard jeté dehors, vers le haut.

Son nom est dédain. Puis elle sourira.

#478

élytres je vous veux
en un poème
inutile exactes

Minutes de la multitude #12

Dans la nuit, le train accélère, se hâte, court. On pourrait se réveiller à Venise ou à Valparaiso.
C’est seulement une impression: tout est dans l’ordre et les horaires sont respectés.

Elle monte, fine, s’assoit et ses cuisses se révèlent rondes. Son visage est long. Elle porte une cravate et deux portions de pâtes emballées dans des conteneurs en plastique. Un sourire donne l’étendue de son bonheur et ses yeux celle de sa beauté en cet instant.

Les passagers sont distants. Ils s’ignorent paisiblement. Société de solitaires.

#471

inutile
tu es

rien à partir

La huppe

La notion d´un rouge qui serait bleu, d´un dehors qui serait un dedans, d´un tout cela qui serait un corps que des mains , d´une nature inconnue, cloueraient suant à des coussins de ténèbre, passa gracieusement, huppe dans l´air frais, et vint se percher sur une pierre.

Yves Bonnefoy