
le double sans visage
le doute jusqu’à la lame
les formes toutes du songe
l’oubli une pluie été
Écritures

le double sans visage
le doute jusqu’à la lame
les formes toutes du songe
l’oubli une pluie été

le matin est sans issue
dans la brume je songe le rouge
déjà je sais et déjà je suis perdu
les morts n’ont pas d’image

Le jeu est posé sur le monde : le jeu n’est pas le monde. Les pièces se sont à inventer ; tu peux les nommer, en tromperie les nommer, les poser. Dans le motif d’autres motifs, de biais, et pourtant l’horizon. Le nuage est ailleurs, le négatif. La ville est d’abord mémoires, celles du temps, et les tiennes en assaut. Ton ombre est jouée, tu n’es pas joué. Tu es dans le jeu, tu n’es pas le jeu. Tu joues, tu joues encore.

Dire aube d’été et le rêve est là, à nouveau, autre mot de l’enfance. Le lieu est paradis sans que rien ne le dévoile. Elle n’éblouira rien, cette lumière qui se fait allée pour qui sait oublier. Voir au-delà, gravir, savoir : voici le désir à garder en désir. Le voyage est dans l’immobile, au cœur.

Ton lot est un couloir, ce couloir. Ton rêve est la limite : quand tu crois aux murs, l’écume te lèche, par des langues qui ne sont que des instants. Le gravier fuit mais règne. Sans appui, et sur la seule foi d’un reflet, rejoins le ciel en restant ici.