Catégorie : Dual

dual #58

Photographie de @sterennanne

Perle, toujours je te cherche, à la nuit, pointe de la nuit. Il faut des vagues pour te trouver, aimer les vagues, savoir se perdre en vagues loin de tout rivage, instaurer un secret, oublier la pyramide. Il n’y a pas une chambre, il y a cette chambre. Je me dédie aux plis sombres. L’ombre et l’autel du cri, unique, hors des mots, aspirant l’air, tournant. Je récuse le nom de désert, de ciel.

dual #57

au jour trop vaste la lampe vide garde l’espérance

dual #56

Photographie de @sterennanne

une ligne presque
(le ciel pour palindrome
être en bordure être
ce tapis rêche d’enfance)
presque une ligne

dual #55

Photographie de Marie-Hélène Philippon @philmariehelene

Des temps reviennent. Ensemble, unis, ils forment l’ici. Absent le feu, invisible l’eau. La terre est recouverte, cachée. L’air tremble par ceux qui se sont absentés des éléments et qui sont dans l’à-côté. La forêt interdit.  Le théâtre s’étend. La prairie est froissée d’étreintes. L’image était là avant. Elle vient du rêve, mais elle n’est pas le rêve. Il n’y a pas de soleil, il n’y a pas d’horizon. Je suis la proie.

dual #54

encore je descendrai
automne saison seule au sol
dans le jour répété frôlant
enfer sans main autre à aimer

dual #53

On ne parle pas de couleur. Elle ne touche pas les jours qui sont traversés.

Bordure, motif, mousse, figure : cela égare, cela suscite des jeux immobiles, intérieurs.

A l’arrêt, ce qui ne varie pas : voir en soi, la forme en lisière de la masse noire.

Ville : vaste rêve. Elle échappe au nom et l’on s’échappe pour honorer la fuite, rendre l’hommage à la peur, le maitre.

dual #52

Photoraphie de Linda Sorrenti @lapidalagallina_0.2

Trois est le nombre sur la main, attendant le jour où une chambre sera instaurée, où pour une heure les secrets seront levés. Maintenant, qui porte la flamme au jour à droit au nom de fou pour se dissimuler en traversant le monde, avec qui sait que le mur et le ciel sont reflets l’un de l’autre hors de la ressemblance et avec qui sait que le plus beau poème est :

les nuages

passent

dual #51

Photographie de Chiara Vitellozzi @chiaravitellozzi

Combien de temps déjà devant cette balustrade simple où se croire passant ? Combien de temps pour que le ciel se soit abaissé en nuages atteignant par la chute enfin l’épaisseur ?

Ulysse forclos : être celui qui voit mais sans tomber ; croire qu’il y ait un centre et l’avoir rejoint ; opposer aux vagues le labyrinthe net et circonscrit.

Qui est le miroir de l’autre ?

dual #51

Photographie de @sterennanne

Long le temps, fuyant, s’effilant, en pointe. Et la terre ne bouge pas. Elle boit, elle avale sans dire. Sa ligne est à peine troublée. Elle danse, ondulant, effleurant, tout autour du silence en poing. Inutiles, les montagnes ou même une mer. Large, lente cette mémoire : c’est ici d’où l’on vient : le gris sans cesse variant et la fin en rêve caressant.

#dual 50

Photographie de Linda Sorrenti
https://lapidalagallina.it/
https://www.instagram.com/lapidalagallina_0.2/

perdus et nous avons joué
en images les mots de peur
dans deux chambres les îles nues
des ombres sable sur la peau