De quoi sommes-nous l’empire ? de quels territoires ? de ce qui est circonscrit à nos regards côte à côte divergents ? de celui des chuchotements qui touchent la peau plus que les oreilles ? de l’onde des mots qui heurtent et sentencient et portent discorde à travers les murs jusque chez les voisins ? de la portion de pavé, celle qu’occuperait un cheval couché, près d’une fontaine, où tes lèvres et mes lèvres ont sombré réciproquement les unes vers les autres ? des îles de larmes de joie perdurant presque invisibles sur des divans fatigués ? des esplanades et des perspectives parcourues porté par le désir quand règne le code de la route et le code de la rue? des interstices persistants aux emboîtements de chair ? de l’air sculpté par les draps froissés, écrasés, froissés encore, érigés dans le matin ? du vide d’une place grande comme une salle de bal dans une nuit douce ? de l’attente disposée en gares, cuisines silencieuses à minuit excepté le bruit du frigo ? de l’abyme porté au centre, pas plus grand qu’un poing ?
Publié précédemment dans Villes en Voix