#808
la foule donne la fuite
une dentelle danse
elle invente le vent
réciter le labyrinthe
#806
l’autre est là c’est moi presque
assis sur le banc quelconque
il parle il regarde il tourne la tête
ce n’est pas mon double encore
nos heures pourraient s’échanger
sans dommage ni trouble fatal
par une rencontre de regards
nos noms restent inconnus
l’un à l’autre comme à la nuit
des rares fenêtres allumées
les chiens loin la fontaine douce
le monde notre monde un seul
#805
jardin ce monde enfumé mon cœur
lumière au-dessus des nuages violet
quittant le ciel couleur honnie
mais ici tendant au bleu beauté
gorgée d’eau fraîche pour le fou
jeudi-saint ce mouchoir froissé sale
Minutes de la multitude #66
Capuchon baissé. À hauteur de ventres ou plutôt de parkas devenus sacs, faisant mur, cage.
Je tourne la tête. Sur des genoux, une image en mouvement : deux jeunes filles côte à côte. Une joue de la harpe. Des mots s’écrivent. Souvent le mot musique, immobile.
Joie de l’allure rapide, oubliant la destination, la journée vaine à venir, tout à la course, à la brève dépense.
dual #53

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On ne parle pas de couleur. Elle ne touche pas les jours qui sont traversés.
Bordure, motif, mousse, figure : cela égare, cela suscite des jeux immobiles, intérieurs.
A l’arrêt, ce qui ne varie pas : voir en soi, la forme en lisière de la masse noire.
Ville : vaste rêve. Elle échappe au nom et l’on s’échappe pour honorer la fuite, rendre l’hommage à la peur, le maitre.
#801
le balcon donne
la chute en vue
joie son remord
le vent me sauve



