#905

Samedi fasciste #24

heure tombée toujours
dense dans l’immobile
tu sais et ne dis pas
le cœur ton arcane

Minutes de la multitude #76

Lassitude : sentir vraiment le roulement du train, un parfum, un accent, sans aller au delà de la sensation, sans dépasser l’instant.

Étranger d’un coup : je n’appartiens plus à cet espace, à ce trajet. Ici est un ailleurs pour moi désormais, sans savoir de quel lieu je pourrais être.

Avec le tunnel la lumière issue des plafonds s’érige en juge. Une scène s’instaure mais la pièce est inconnue, ignoré l’achèvement.

#902

#901

une buse signe les nuages
l’eau sur les dalles
l’ombre
le rouge des fleurs sans nom pour moi
l’odeur du cadavre cuit
une pente courbe vers une cave
des visages familiers sans paroles

combien de ciels

#900

#899

ce galet m’a choisi
détourné de la mer
une quête s’achève
inconnue m’ignorant

Samedi fasciste #23

promesse de l’horizon : en chaque point la fuite

#898

une feuille tombe
ah

(mémoire
(assailli
aveuglé
avalé )
de la poésie)

ha
une feuille tombe

Pour Samuel Macaigne, cette facétie judienne

dual #65

Photographie de Rurik Dmitrienko @rurik.dmitrienko

Le jeu est posé sur le monde : le jeu n’est pas le monde. Les pièces se sont à inventer ; tu peux les nommer, en tromperie les nommer, les poser. Dans le motif d’autres motifs, de biais, et pourtant l’horizon. Le nuage est ailleurs, le négatif. La ville est d’abord mémoires, celles du temps, et les tiennes en assaut. Ton ombre est jouée, tu n’es pas joué. Tu es dans le jeu, tu n’es pas le jeu. Tu joues, tu joues encore.