#896

Minutes de la multitude #75

Le raclement du frein dans la nuit et je pense au glissement du train de luxe dans le poème. Superposition.

Celui celle qui monte. L’étranger, l’autre, la beauté parfois. Répulsion vite niée, simultanée à l’éblouissement bref. L’ennui c’est la fin.

Ceci n’est pas un voyage. Un trajet. Tu connais, tu répètes. Tu sais que tu reviendras.

#894

#893

loin la mer emily
quelle forme t’offrir
sans souci de la chambre
cette folie en fruit

#892

Minutes de la multitude #74

La puanteur m’assaille cependant que je lis. Je regarde autour de moi.

Main tendue vers le haut, doigts repliés, comme celle du mendiant implorant, mais de la hauteur et de la distance sur le visage. Peut-être pour ne pas abîmer la peinture fraiche sur les ongles.

Exagération de lumière qui n’éclaire que la gare et son vide.

Samedi fasciste #22

toi — rayon du rêve

#889

ne pense pas au livre pense au texte
ne pense pas au texte pense au bloc
ne pense pas au bloc pense à la phrase
ne pense pas à la phrase pense au mot
ne pense pas plus au mot pense à l’espace
ne pense plus à l’espace sois l’espace

dual #64

Rêve que je songe : sa mémoire n’est pas accessible. Il y a un mur, une porte qui dit l’impossibilité de l’ouverture : je peux l’atteindre, à une main presque. Dans – le rêve. Il n’y a pas de vide, il n’y a pas de possibilité de vide. Il ne peut exister. L’univers est dense en lui-même.

Minutes de la multitude #73

À la sortie. Attendre. Quelqu’un descendra, sera dans le flot. Reconnaissance. Ou rien : tu seras seul quand l’entrée sera à nouveau vide.

Le toit du train. Des lignes, une courbure. En dessous la scène.

Signal de fermeture des portes répété dans le sommeil : tournoiement intérieur.