la vallée à la brume
heures opulentes lasses
comptées comme l’amour
l’oiseau est un instant
#865
#863
– Pourquoi le mot X n’existe pas dans la langue Y ?
– La langue Y n’existe pas.
#861
Je suis un temps. J’enveloppe, j’imprègne, je traverse. Parmi. Je suis un des temps. Nous nous mêlons : faisceau, gerbe. Nous sommes tant. Sans nous, seulement la poussière. Sans substance, je suis en toute chose et je contiens. Il y a la répétition, la variation. Début et fin ne sont que des points. Ma seule ennemie est mon seul amour : forme. Elle me saisit. Je la refuse, je ne peux être sans elle. Elle me suscite, je deviens vague, spirale. Au monde comme onde. Le monde n’est presque rien. Je ne suis que parce que je passe.
#859
Poluphloisboio thalassès
Je te tiens par le sel par le ciel
je te tiens par les pics par l’aspect
tu me tiens par l’épique
je te tiens par le ad tu me tiens par le par
je te tiens par l’accent par l” e muet
tu me tiens par le rite des galets l’applaudissement des rives
je te tiens par le « char de Poséidon »
je te mens par le tu
tu me mens par le je
Michel Deguy
#857
tu n’es qu’attente
d’un point à l’autre
la joie sans but
c’est le voyage




