Catégorie : Inégales

#443

frères des jours
m’êtes perdus
un jeu des larmes
tout va au sable

#441

compter les rêves
compte
de combien de nombres
es-tu fait

#438

l’imparfait convient
à l’aube lourde et sans splendeur
odeur des incendies aux fenêtres
la musique était sans place
le récit absent
déplacement formel
deux moitiés d’anneau parcourues
aller en symétrie du centre
mer proche invisible
la fatigue est l’empire
tendre la main pour le rêve
deux corneilles sur l’asphalte
neuf à coté des lignes blanches
à peine tracées brillantes

#432

soleil menteur je dis tue
comme s’il y avait des murs blancs
tu n’as pas de nom
brûle le sel des enfances

#428

tu dis le corps comme s’il était – un
fragments par instants dire
la main en la regardant d’un autre
oubliant viscères et gorge
haïku bancal je ne peux guère
plus à part l’heure glissement
où à contrecœur et heureux
je me dis dissous enfin

Pour Annick Brabant

#427

il n’y avait pas encore de mot pour le bleu
une anse oui de temps pour te voir
jusqu’à l’oubli sauf toi j’ai oublié
le rêve ourle ta certitude

#426

je crois m’adresser je me réponds
miroir asymptotique plus grande peur
le promener le long des ciels
puis l’étui de nuit mots en cavale

#423

plongeant la main dans le sac
gonflées d’air et de blanc les miettes
de nul souvenir et à nul rite
larmes à midi – voici le présent

#421

le léopard dit la poésie vient des mots vagues
coeurs et fleurs détestées par l’enfant
mais viking dogger fisher peu agité à agité
fraîchissant la nuit déjà là haute
des pluies éparses entre deux pans de phrases
à jamais adultes mer devenant belle
le temps d’un psaume nombreuses grisailles
précises comme aiguilles ouvraient le mystère
avis de tempête sur le pourtour du golfe

initialement paru dans Villes en voix

#418

l’adieu est dit en silence
nuages devenus ciel
tu es sable heure ronde