#828

#827

les nuages

: différents

le voyage

#826

dual #55

Photographie de Marie-Hélène Philippon @philmariehelene

Des temps reviennent. Ensemble, unis, ils forment l’ici. Absent le feu, invisible l’eau. La terre est recouverte, cachée. L’air tremble par ceux qui se sont absentés des éléments et qui sont dans l’à-côté. La forêt interdit.  Le théâtre s’étend. La prairie est froissée d’étreintes. L’image était là avant. Elle vient du rêve, mais elle n’est pas le rêve. Il n’y a pas de soleil, il n’y a pas d’horizon. Je suis la proie.

#824

Minutes de la multitude #69

Collé à la fenêtre, dos au reste de la voiture. Défilement sans perspective. Arbres, troncs, feuilles, branches. Tout écrasé, jeté par la vitesse avant d’être distingué. Mots mêlés, accolés.

A l’arrêt bref, par la fenêtre, une image. Instituée, révélée. Je vois l’image et son cadre invisible. Je n’ai qu’à le rendre sombre. Le train repart.

Le fleuve terne, opaque, visqueux presque. Son amplitude rassure. Dernière respiration avant d’être avalé par la ville.

#822

dual #54

encore je descendrai
automne saison seule au sol
dans le jour répété frôlant
enfer sans main autre à aimer

#826

c’est encore le soir la page
comptées comme doigts les lumières
description évitant portrait
aux aguets rives de la phrase

Minutes de la multitude #68

La sonnerie annonçant la fermeture des portes est également une note. Longue, tenue, tendue.

Des jambes de pantalons, des mollets, des chaussures sur les rayures du sol, des sacs. Pas d’horizon. Pas même la fenêtre opposée ou la paroi.

Ce bras, je le vois immobile, tombant, mort. Il aspire mon regard. Il finit par s’élever, se plier, rejoindre son semblable.