dual #52

Photoraphie de Linda Sorrenti @lapidalagallina_0.2

Trois est le nombre sur la main, attendant le jour où une chambre sera instaurée, où pour une heure les secrets seront levés. Maintenant, qui porte la flamme au jour à droit au nom de fou pour se dissimuler en traversant le monde, avec qui sait que le mur et le ciel sont reflets l’un de l’autre hors de la ressemblance et avec qui sait que le plus beau poème est :

les nuages

passent

#789

du sel sur la route seul
son au matin sous les roues
ce n’est pas le monde qui craque
ni l’amour ivre et secret

l’hiver et l’aube sont enlacées
dans l’oubli de tout visage
la neige cherche son rêveur

#788

#787

tout l’espace est en toi

tu n’es rien pour l’espace

il n’y a que le feu
le temps est une brise

#786

#785

vous habitez l’animal vous habitez le nautilus vous habitez le double vous habitez le château vous habitez la maison témoin vous habitez l’autre sommet vous habitez la corniche vous habitez la cellule vous habitez l’adresse vous habitez le vide de la demeure vous habitez la paroi vous habitez l’errance formelle vous habitez l’hôpital vous habitez la plage vous habitez la grille vous habitez le nom d’un autre vous habitez le front de mer vous habitez le château des carpates vous habitez le dernier vous habitez le fort vauban vous habitez le nom vous habitez le fond vous habitez la fable vous habitez la tombe vous habitez le ballon vous habitez la piscine vous habitez le proposition vous habitez le parking souterrain vous habitez le plateau vous habitez l’épouvante vous habitez le bout vous habitez le lieu d’aisance vous habitez l’île mystérieuse vous habitez le perdu vous habitez la lueur vous habitez la chambre quelconque vous habitez la falaise vous habitez l’humus vous habitez la tente vous habitez l’anse vous habitez l’habitacle vous habitez l’hôtel vous habitez le nom d’un autre vous habitez la jangada vous habitez le lendemain vous habitez le phrase vous habitez la file vous habitez la cour vous habitez le pauvre vous habitez le bol d’air vous habitez la préposition vous habitez le mirador vous habitez l’amour seul

#785

#784

Il n’y a d’images que dans les mots, ici écrits regardant les montagnes élevant le ciel. Ici dit la distance. Le temps est entre les regards sur ces lignes. Seule celle des crêtes entre le sombre des flancs couverts d’arbres et l’à peine plus clair des nuages teintés de bleu restera immuable, et cette carte ne connaîtra pas le voyage, ni ne sera découverte.

#783

Minutes de la multitude #64

Voir seulement des clichés, des effets de mode. Affine ton regard.

Tracer les lignes des regards de tous les présents : les intersections, les rencontres lorsqu’elles aboutissent au même point et les très rares cas où les lignes s’unissent quand les regards se regardent.

Promiscuité sans parole. Les mots étoufferaient, seraient la violence dernière.